15 août 2008
La fin
Plus que 10 jours avant de boucler nos valises et de dire au revoir. Les trois semaines ecoulees a Irbid nous ont plongees dans un univers jusqu alors inconnu; celui de l enseignement.
Nous avons rapidement pris conscience du niveau tres inegal des eleves, et de leur motivation. Egalement, nous avons compris bien des complaintes que les profs nous chantent a longueur de cours “ PARTICIPEZ”, "vous travaillez pour vous, moi je m en fiche!!”, “ ca ne sert a rien de copier sur ton voisin…”
Comme de vrais profs, donc, nous faisons de la discipline, nous preparons des interros surprises, des exposes, des examens, et plaisir ultime nous mettons des notes! Nous organisons aussi des séances videos, des gouters et des sorties scolaires!
Mais pas comme des profs normaux, nous sortons avec nos eleves qui nous invitent presque tous les jours chez eux a manger du mansaf (le plat national), du foul, du homos, des falafels, des kebbeh, du the a la menthe et a fumer le narguile avec leur famille (enfin seulement les hommes car les femmes restent a la cuisine).
Nos temps libres sont alors bien occupes par les solicitations des etudiants qui nous considerent comme des amis, a juste titre.
Les week ends ont ete charges en decouvertes et vadrouilles dans ce pays carrefour des civilisations et des religions. Entre la capitale Amman, les sites archeologiques du nord Jerash et Umm Queis; Madaba (la ville aux mosaiques), le Mont Nebo (lieu de mort de Moise), et le clou du spectacle: le weekend dernier dans le sud. Nous sommes descendus nous baigner, ou plutot flotter, dans la Mer Morte, puis visiter la Merveille rouge Petra et enfin passer une nuit a la “ Lawrence d Arabie” dans le desert de Rum accueillis par des Bedouins.
En terme d enrichissement, bien sur, nous avons appris beaucoup sur l Islam, les cultures arabe et jordanienne (en nous initiant a l arabe notamment), et sur le “conflit” israelo-palestinien (60% de la population Jordanienne est d origine palestinienne). Parfois les discussions debouchent sur des incomprehensions, voire des emportements, (notamment sur le gaspillage des resources naturelles, le manque de consideration des personnes differentes tels que les handicapes, le decalage criant entre une pratique religieuse sur dimensionnee et des comportements qui revelent beaucoup de frustration). Nous vivons vraiment dans deux mondes distincts, qui malgre la plus grande tolerance, eprouvent des difficultes a s apprehender. En tant que fille je ne peux que m indigner devant l archaisme des relations sociales, alors que la plupart des jordaniennes que nous connaissons considerent normal leur position d inferiorite etablie. Mais je ne perds pas de vue que la jordanie est un pays pauvre ( notamment il souffre d un deficit cruel en eau) et en developpement. Et bien entendu ce developpement englobera toutes les spheres de la societe, esperons le donc les droits de l homme et de la femme ne seront pas en reste.
L heure est venue pour nous de clore le chapitre de cette 3eme annee a l etranger. En un an nous aurons eu la chance de rencontrer beaucoup de gens differents dans des lieux tout aussi divers, qui nous aurons fait beaucoup murir…Retour a la realite strasbourgeoise en septembre prochain , mais “ Inch’ Alla” l aventure continuera!










